vendredi 20 juin 2014

[FILM] EQUILIBRIUM

ARTICLE EN COOPERATION AVEC MERLIN
Nous parlions il n'y a pas longtemps de ces films aux budgets raisonnables, sortit un peu d'on ne sait où pour surfer sur une tendance. Par exemple, CONSTANTINE (clic pour aller sur l'article) pour profiter du regain d’intérêt pour le paranormal et les adaptations de comics. Là, nous allons parler de EQUILIBRIUM sortit en 2002 de Kurt Wimmer. Vous vous douterez que si j'en fait un article, c'est que Merlin et moi on kiffe.
Merlin: mon professeur de philo avait choisi de nous le montrer à sa sortie. Je dois vous dire que ce film depuis, à chaque fois que je le regarde fait partie des films qui me foutent les boules! Pourquoi? Non pas parce qu’il est génial et que je reste béat devant. Mais parce que l’idée n’a pas su être exploité comme elle aurait dû. Regarder Equilibrium pour moi, c’est assez frustrant. Pas autant que Minority Report mais je ne vais pas en parler.
Ce film fait largement penser par ses tenues, l'utilisation de 2 armes, les arts martiaux et les lunettes noires dans un monde futuriste au cultissime MATRIX démarré en 1999. Notamment dans les scènes de couloirs. Tant qu'on y est, je dirais un soupçon de RESIDENT EVIL commencé en 2002 par le biais d' Alice.
Néo - John - Alice trois perso forts, combatifs aux multiples similitudes
J'ai volontairement choisi Matrix à cause de mauvaises langues. Mais surtout parce que c'est évident que c'est LA référence pour tout le monde. Cependant, dire d'Equilibrium que c'est un Matrix sans latex, c'est que les gens n'ont pas saisi le film! Car la ressemblance s'arrête vraiment aux tenues, aux two hands guns et leur volonté quasi inébranlable! (Lara Croft c'est une tapette à côté d'eux).

Commençons avec le pitch du film, tout fait car on a la flemme de réfléchir: Dans les années 2070, dans la citadelle de Libria, les émotions n'existent plus, supprimées par l'absorption quotidienne de Prozium. Cette drogue anti-anxiété rend les gens plus heureux et plus productifs. Les individus ont ainsi accepté de mettre de côté leur liberté pour vivre en harmonie avec leur dirigeant spirituel connu sous le nom de Père. Les personnes qui refusent de prendre leur dose sont considérées comme des rebelles et vivent en retrait de la ville (euh je dirais plutot qu'ils sont forcés de vivre cachés). S'ils sont pris à jeun, c'est la peine de mort assurée.
John Preston travaille au service de Père et applique la loi à la lettre. Un jour, celui-ci brise le flacon de sa dose et n'a pas le temps de s'en procurer une de rechange. Il est alors submergé par toute une gamme d'émotions. Victime d'un revirement spirituel qui le confronte à ses supérieurs hiérarchiques, il mène l'enquête sur ce nouvel état de vie.

« Mais je suis pauvres, je n’ai plus que mes rêves. J’ai déroulé mes rêves sous tes pieds. Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves »

[SANS SPOIL] Dans Equilibrium les gens ont fait le choix de prendre le Prozium pour ne plus avoir d'émotion et vivre en harmonie. Du moins c'est subtile car lorsqu'on fait attention aux détails on se rend compte qu'ils n'ont pas le choix! Mais surtout où et l'harmonie et l'équilibre dans un peuple de zombis déshumanisé? En fait, les gens se lèvent, mangent, travaillent, dorment. Eux ils en tirent quoi? Rien. Le gouvernement du Père en tire quoi? Tout. Bah wouais, c'est de la main d'oeuvre bien sage et bien rentable. Du coup, très vite on se dit que ca rapporte forcement une richesse. Hors l'argent, ca provoque forcement des émotions quelle conques puisque UNE personne doit ressentir le besoin d'avoir des richesses. C'est donc, complètement contradictoire. N'y allons pas par quatre chemins, Libria et le Tétragrammaton du Père ne sont rien de plus qu'un nouveau régime totalitaire avec son nouveau Hitler. Si vous êtes à fond dans le film, vous noterez plein d'autres détails: Les seules images diffusées aux Libriens sont limites subliminales et répètent sans cesse la même chose. En plus des écrans, il y a des hauts parleurs partout. Ils subissent un lavage de cerveau quotidien. Ca passera aussi par des autodafé qui s'appliquera à tout autre forme de culture. Et là on va pouvoir sortir une magnifique citation "Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes" de Heinrich Heine. Ce qui évidemment se fait à Libria. Et le logo sur les étendards ne vous échappera pas non plus, ainsi qu'une pseudo croix coupé. En fait c'est un "T" pour Tétragramme loi du Conseil qu'applique les Libriens. Personnellement, moi, Karma, ca me fait penser à une croix chrétienne volontairement coupée.
Le Père avait peut être voulu bien faire pour enrayer une futur 4ème Guerre Mondial, mais c'est parti en couille. Tout à été poussé à l'extrême. Car en plus de bloquer ses émotions, brûler toute forme de culture, le Tétragramme retire toute personnalité, tout individualisme de son peuple pour en faire une masse. Tout le monde s'habille et se coiffe pareil.  On reste dans le gris, noir, bleu foncé. Une monochrome attitude pour être un troupeau sans distinctions wouhhh. Toute l'architecture est en béton, pratiquement pas de fenêtres vitrées et quand il y en a elles sont camouflés. Et toutes les structures sont imposantes pour être solides et durer. Ils sont enfermés par des remparts autour des anciennes villes: rien ne sort, rien entre. On a donc l'idée d'un gouvernement unique fait pour s'étendre dans le temps et durer au pouvoir.
Vous n'avez pas pu échapper au fait qu'à la fin, John est habillé de blanc. Merlin et moi, nous avons envie de penser que c'est pour marquer son tout nouveau lui individualiste. Mais aussi parce que selon la coutume asiatique, c'est la couleur du deuil. Donc, du blanc pour le deuil de l'ancien John, les résistants, les déviants...
Ah oui, on voit des enfants, donc oui ils copulent, mais après ca ils ne se touchent plus... John Preston est le personnage centrale du film. C'est un recteur pour le Tétragrammaton de 1ère classe bien lisse, bien dans le moule. Il ne montre aucune faille, alors même que sa femme considéré comme une Déviante (personne qui a des émotions) à été tué. Même pour son collègue, il ne fera rien. En fait, si on se rappelle bien du film, ce n'est même pas cette autre mort qui commence à percuter John. C'est plutot lorsque qu'il va laisser tomber une ampoule de Prozium. Bref, sans Prozium John devient une bombe à retardement car il commence à réfléchir. Et on sait bien que réfléchir c'est toujours la plaie d'un monde dictatorial. On ne va pas aller plus loin, car on ne voudrais pas gacher l'intrigue.

Revenons à Kurt Wimmer à qui ont doit se film (réalisation, production, scénario). Faut pas avoir peur de le dire, Wimmer n'a vraiment pas fait grand chose et n'aura jusqu'à maintenant pas marqué les esprits. Il nous a fait SPHERE 1998, mouais bon. LA RECRUE 2003, ca se laisse regarder. ULTRAVIOLET 2006, ce n'est pas un chef d'oeuvre mais j'ai bien aimé (Merlin n'aime pas), dommage qu'il n'est pas pris le temps de mieux travailler ce film. SALT 2010, sympa mais aurait pu être mieux. Et TOTAL RECALL le remake 2012, une bouse sans saveur. Parlons tout de suite de ce qui fait mal. Kurt W. c’est inspiré, un peu de trop d’histoires très connus dans le monde futuriste. Il est facile de comprendre pourquoi beaucoup de monde trouveront ce film lent. C’est un film au scénario philosophique, politico-moraliste et tout le tatsouin. Grâce au Prozium, on tue l’idée dans l’œuf. Cela n’est pas sans rappeler le comportement de machine dans un Etat sous une dictature. Wimmer s’attaque à de grand thème et on est en droit de  penser qu’il s’est perdu en chemin. Citons, 1984 de George ORWELL, Le meilleur des mondes d’Aldous HUXLEY (à voir),  Minority Report de Philip Kindred Dick et bla bla bla.
Cependant, Wimmer a inventé UN truc. Pas n'importe quel truc, car c'est LE truc qui donne toute la dynamique et l’intérêt premier du film. Même si à la base, je ne pense pas que ca devait être le point mis en avant dans Equilibrium. Ce point magique c'est le gun-kata. D'ailleurs Wimmer le réintroduira dans son Ultraviolet. Lui, l'a donc inventé, mais il a été développé par le chorégraphe de combats et professeur de karaté de 4ème dan Jim Vickers. Les Récteurs manient le sabre. Bon, au début c'est lors d'un entrainement qui nous percutera pas tant que ca. Cela deviendra en revanche exaltant à la fin du film. Certain diront d'ailleurs que la mort du sous-méchant est ridicule. Nous on vous dit que non! Si John est de 1ère classe ce n'est pas pour rien. Sa technique est parfaite. Alors que l'autre Récteur est un petit branleur qui se la pète, prétentieux et trop sûr de lui. Il mourra dans une fraction de seconde, une mort qui lui va bien: il disparait comme il est venu, rapidement. De plus, ca montre que Wimmer et Vickers connaissent et aiment les films de sabres. Cette scène doit être un hommage a des films tel que SANJURO. Ou le chouchou de Karma Musashi avec son coup unique sur la tête de Kojiro. Ou encore dans LE SABRE DU MAL. Attention, les bases du gun-kata avait déjà des prémices et d'ailleurs portait probablement d'autres noms. J'ai trouvé CyberPunk 2020 avec le gun-fu. Mais c'est vraiment Wimmer et Vickers qui l'ont travaillé et porté à sa finalité.

Enfin, les Récteurs pratiqueront le gun-kata avec des armes à feu. Mais c'est quoi le gun-kata? Pour ca on vous met les mots précis expliqué dans le film:

« Le kata du tir. Après analyse de milliers de combats à l'arme à feu, les recteurs ont déterminé que la distribution géométrique des antagonistes dans n'importe quel combat est statistiquement prévisible à chaque fois. Le kata du tir identifie l'attaquant comme une arme totale ; chaque nouvelle position représente une zone de neutralisation maximum, infligeant un maximum de blessures à un maximum d'adversaires, tout en permettant au défenseur d'éviter les trajectoires statistiquement traditionnelles de riposte. La maitrise instinctive de cet art vous permettra d'augmenter votre puissance de tir d'au moins 120 %. Sa rapidité et ses 63 % de capacités de tuer supplémentaires font du maitre du kata du tir un adversaire à ne surtout jamais prendre à la légère. » Evidemment en réel c'est tout à fait impossible, bien que beaucoup ont essayé. Et pour cause, nous avons lu un truc très interessant: malgré que les arts martiaux ont évolué avec le temps, il n'y a pas d'interet et de logique à pratiquer un art martial qui implique le rapprochement, contre des ennemis avec des armes à feu, donc à distance.

Il y a une chose qu'il faut bien reconnaitre, c'est que le gun-kata a marqué les esprits et a fait beaucoup parlé le peu de gens qui ont vu ce film. Et que Equilibrium ainsi que Ultraviolet, n'auraient jamais vu le jour si Matrix n'avait pas propulsé le film de ce genre. Le scénario de ces 2 films ne brillent pas (mais Equilibrium a quand même un petit plus), cependant ils sont prétextes à de supers scènes de gun-kata bien orchestrés. Avec certes quelques maladresses pour Equilibrium mais bien finie dans Ultraviolet. Christian Bale pas encore connu, joue bien son rôle d'homme rigide sans émotion et réalise avec brio ses scènes d'actions.

Pour conclure, on peut voir à l’histoire un côté symbolique et poétique. Tout commence par l’aurore, comme-ci John ressuscité. Puis vient le rôle de la musique et quelle musique! Un chef d’œuvre de Beethoven. Comme quoi la culture a une place importante dans notre vie. Elle doit être conservée et est intemporelle, trace et vestige du passé des hommes. Wimmer nous fait passer énormément de message dans ce film. Des idées, des concepts qui existent depuis longtemps et c’est ce qui peut déranger et faire penser à du réchauffé, à du déjà vue. L’histoire se termine comme elle a commencée. L’émotion a un prix. Laisser les sentiments sans limites reviendrait au chaos et oui c’est là tout le paradoxe, John doit se sacrifier pour la cause.
Regardez, je vous ai trouvé 2 images des films avec le même style de combat en préparation
NOTE EQUILIBRIUM: 12/20
NOTE ULTRAVIOLET: 10/20

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8 commentaires:

  1. Bon film, malgré quelques problèmes (notamment scénaristique) joué par de bon acteur et avec quelque bonnes idées de mise en scène!

    si les personnages sont censé ne plus avoir d'émotion, mis a part le faite qu'il "copule" comme le fait remarquer, si justement, la Karmagirl. Ils font preuve tout le long d'émotion, souvent d'émotion négatif (la colère par exemple), en réalité il se retrouve plutôt dénué d'attache émotionnelle ce qui n'est pas vraiment la même chose, mais qui est aussi plus complexe a expliquer le temps d'un film!

    clairement inspiré par le 1984 de George Orwell (mis en image par Michael Radford en 1984) et le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (déjà porté par Francois Truffeau au cinéma) l'histoire nous plonge dans une dystopie savamment orchestré et impitoyable, ou comment arrêter les sentiments envers autrui pour arrêter les débordements lié a l'humanité elles même, ne s'attachant plus qu'a sois même et a l'organisme de contrôles, nous n'avons alors plus de quoi faire la guerre et se battre, un monde sans égos et finalement sans individu, restons nous humains sans notre pensé personnel, existons nous encore sans la pensé? le cogito ergo sum de Descartes (je pense donc je suis) est alors remis en question, un film avec bien plus de profondeur philosophique qu'il n'y parait en première intention mais qui délaisse malheureusement cet critique assez rapidement a l'inverse d'un autre film, un certain Brazil!

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    1. Je suis tout à fait d'accord. C'est ce que je disais avec Karma, il faut faire la différence dans ce film avec l'attache émotionnelle et les émotions. Parce que c'est paradoxal, ils disent supprimer leurs sentiments mais dans le film on voit qu'ils en ont encore. Par exemple le second coéquipiers de John, il ne rêve que d'une chose c'est de prendre sa place.. enfin bref je suis d'accord avec toi Alain, ce film à un réel travail de fond ^^ Mais ce qui me dérange c'est qu'il n'a pas été jusqu'au bout dans la réalisation, du moins j'ai cette impression et c'est ce qui m'embête. .

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    2. Merci pour ton commentaire Alainours. On est d'accord et Marion a fait une belle réponse, donc je n'ai rien à ajouter.

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  2. je te trouve de plus en plus sévère (ou blasée ?) envers les films. Ultra Violet est sympa comme tout et Equilibrium est juste génial ! son succès a été évincé par Matrix sans quoi, malgré un rythme un peu lent c'est vrai, il reste un très bon film... sans doute mon préféré avec cet acteur là :)

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    1. Salut, je ne sais pas qui parle mais je me permet de te répondre :D
      Moi je dirai blasée et sévère et c'est vrai quand on regarde un film, on aime le décortiquer et comprendre le scénario. Equilibrium est un film référence dans ma dvd thèque mais ce n'est pas pour autant que je le congratule. Ultraviolet, oui voilà personnellement il est juste sympa. Sympa à regarder une fois. Après chacun ses goûts, chacun ses attentes envers un film ^^ On s'attendait à tellement plus d'Ultraviolet et de l'actrice principale. Donc ca a été une énorme déception pour nous..

      Sinon karma ne l'a pas marqué je crois mais à un moment je lui disais "on ne touche pas à Christian Bâle". Dans Equilibrium son rôle n'est pas transcendant selon moi. Je pense qu'il a commencé à tout déchirer à partir de son rôle dans the machinist Hé hé. Mais c'est bien que l'on puisse parler librement et découvrir les points de v de chacun..

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    2. Alors, attention, je suis blasée dans des films récents où y'a toujours un gros budgets, des putains de scénarios et souvent une base prise d'un livre.
      Equilibrium, Marion et moi l'avons vu à sa sortie. Donc, pas "blasées".
      Ensuite, "sévère" pas du tout. Faut savoir juger et prendre en compte sans se dire "ah c'est c'est Christian Bale...Ah c'est un peu inspiré de Matrix... ect". Je suis désolée, mais Equilibrium n'est pas génial pour nous. Il est fouillis, confus à cause de pleins d'idées qui se perdent et qui se mélangent trop. Il est pas mal, mais sans plus.
      Ultraviolet est encore pire. C'est tellement le bordel. En fait cette fois il a finalisé les combats, mais il a grave chié le scénario. Il est porté par Milla et je pense que ca joue énormément, sinon il serait encore plus un navet.

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  3. je trouve la note assez juste personnellement, (je n'ai pas vu ultraviolet je parle donc pour equilibrium)

    certes y'a de bonne idée aussi bien de mise en scene que de scénario... mais si on le compare a d'autre film du genre, que ce soit Matrix ou Brazil qui sont deux film qui se rapproche assez de l'univers, l'un pour la mise en scène l'autre pour le scenario, on se rend compte que ça reste assez faible. pour ce qui est de la porté philosophique du scenario il n'est pas assez poussé et ca retombe assez rapidement a plat! cela dit ça reste un bon film a voir mais sans plus

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    1. C'est tout à fait cela Alain! Franchement rien de plus.

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