jeudi 21 décembre 2017

[LECTURE] LES HUITS CHIENS DES SATOMI: Roman Part.1/2

De quoi s'agit-il? : Les Huits Chiens des Satomi ou Nansō Satomi Hakkenden est un roman de Kyokutei Bakin raconté par Fûtarô Yamada. Ecrit pendant plusieurs années, il a été édité en 1983. Mon édition est Philippe Picquier de 2016. Pour comprendre le pourquoi de ce roman, il faut préciser certain point.
Kyokutei Bakin est un écrivain très prolifique du XVIIIème. Quand il écrit Les Huits chiens des Satomi il l'étale sur 106 volumes et mettra 28 ans pour terminer cette oeuvre! Même aveugle, il continuera en dictant la fin de son récit à sa belle-fille. L'oeuvre s'étale ainsi de 1814 à 1842. Futaro Yamada nous propose évidemment une version résumé en 754 pages.
Mais attention, il y a en même temps le récit de l'écrivain qui raconte son histoire à son ami peintre Hokusaï.

Mon Résumé : Japon, XIXème siècle. Le Seigneur du clan Satomi promet la main de sa fille en échange de la tête de son ennemi. La nuit venue, c'est son chien qui lui apporte entre ses crocs. La princesse et son époux chien donnent naissance à huit héros nés d'une malédiction tous descendants d'un chien et portant le mot "chien" dans leur prénom. Ils sont parés des huit vertus cardinales du confucianisme.
Les chapitres sont mis en pause pour nous emmener en 1813. Takizawa raconte le début de son roman à son ami le célèbre peintre Hokusaï, pour lui demander d'illustrer son oeuvre.

Le contenu: La première histoire commence dans le chaos, en 1458. Le clan Satomi est assiégé et en mauvaise posture. Le Seigneur baignant dans la mort, la famine en vient à offrir la main de sa très belle fille Fusehime à celui qui lui ramènera la tête de son ennemi. Dans un geste de désespoir, il demandera même à son chien de l'aider. Yatsufusa est un très grand chien, très fidèle à la princesse. Sauf que celui ci va vraiment lui ramener la tête de son ennemi.
Si tout ce petit monde est content, le chien lui n'est plus d'humeur car il avait pris les paroles du Seigneur au sérieux.
La princesse le remarque et s'enfui avec Yatsufusa pour tenir la parole que son père avait fait. Tout les deux feront communier leurs âmes (pour le dire simplement, ils auront une relation sexuelle mystique) et c'est ainsi que Fusehime tombera enceinte. Evidemment, les bébés ne seront pas normaux, alors elle sera obligée de s'ouvrir le ventre pour donner naissances aux 8 chiens.

Ce seront en fait des guerriers chiens à l’apparence humaine. C'est vraiment une histoire intéressante qui mêle de l'épique à du fantastique. Il faut savoir que le livre est inscrit en tant que roman de cape et d'épée.

Cependant, le livre vous déplaira si vous n'aimez pas les longues descriptions qui sont apparemment caractéristiques de cet auteur.
Ensuite, vous remarquerez très vite que nos héros sont vraiment des héros qui subiront toutes sortes de périples au cours de leur aventure: amitié, amour, trahison, bataille, dévouement, fidélité, honneur. En fait, tout les codes chevaleresques. D'ailleurs, les personnages portent chacun une vertu telle que "la Bienveillance", "la Piété familiale" ou encore "Le sens du juste". Et si on approfondit plus, on se rend compte que comme dans beaucoup d'autres œuvres japonaise, que les caractéristiques donnaient aux personnages reflète la société extrêmement codifiée et hiérarchisée de l'ère avant Meiji.

Je vous disez qu'il y avait 2 histoires, celle dont je viens de parler et celle avec Bakin et Hokusaï
"Se mettre à imaginer un récit comme celui que vous venez de me soumettre, avec une accorte jouvencelle enceinte des œuvres d’un chien ! Je vous avouerai que, pour moi, c’est un tissu d’affabulations plus extravagantes les unes que les autres et qui font fi de la réalité historique."

On a donc 2 structures narratives qui s'alternent. Celle dans le "monde de la fiction" comme l’appelle Yamada Fûtarô et celle dans la réalité. C'est quand même génial d'avoir des brides d'indices sur la personnalité du grand peintre Hokusaï. Je ne vous en direz pas plus pour vous laisser découvrir ce qui se passera entre ses 2 fortes personnalités.

Vous vous rendrez compte que la fin du livre dépareille un peu. Ce sera à ce moment que vous pourrez vous rappelez que Bakin vient de passer 28 ans à écrire son oeuvre, qu'il était aveugle et était probablement dans l'optique de finir le récit avant de décéder.
Pour conclure, je trouve que la phrase "Travailler à mon roman est comme saisir le vent, pourchasser les ombres. C’est une construction de l’esprit sans fondement aucun, dépourvue d’utilité quelconque pour autrui" résume bien son oeuvre.

Sachez que pour appronfondir cette histoire, vous pouvez trouver des adaptations. Je n'ai pas réussi à trouvé l'adaptation en drama Satomi Hakkenden de 2006 en 2 épisodes autre qu'en anglais. N'étant pas très forte en anglais je n'en parlerai pas. Par contre, l'animé Hakkenden: Touhou Hakken Ibun en 2 saisons de 2013 je vais la regarder, donc je pourrais en parler dans la prochaine partie.

MA NOTE: 12/20


© Ce n'est que mon avis et opinion, ma façon d'interpréter les choses parmi tant d'autres. Libre à chacun d'être d'accord ou pas,
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