mardi 5 juin 2018

[LECTURE] MUGEN NO JUUNIN Pt.1/3

Mugen no juunin, ou chez nous L'Habitant de l'Infini, est mon manga papier préféré. C'est assez rare que j'ai envie d'acheter un manga, alors pour vous dire à quel point j'adore! Ce manga est sorti en 1995 chez Casterman dans une première édition arrêté au volume 9, que je n'ai pas connu et qui ne me faisait pas envie. 
La 2ème édition, chez Sakka, s'est bien achevée au volume 30. Les couvertures sont très belles, simples et aérées. Il aura fallu 19 ans à Hiroaki SAMURA pour réaliser son œuvre phare. On n'en n'a pratiquement pas entendu parler malgré la grande qualité graphique et scénaristique. Mise à part ces derniers temps, avec l'anime et le film live (j'en parlerai dans les prochaines parties) car ce manga a finalement eu sa place dans les cœurs des lecteurs.

Je parlais de qualité graphique et pour cause Samura a dessiné tout à la main et franchement c'est très beau. Il n'y a pratiquement pas de cases où ça donne l'impression d'être le bordel. Les pages entières avec un ou plusieurs personnage sont tellement belles. Il y a plein de détails, parfois un peu trop même, on ne sait plus où regarder.
L'histoire est celle de Manji, ancien samouraï, devenu le ronin Tueur d'une centaine (je vous laisse découvrir pourquoi) est responsable de la folie puis de la mort de sa sœur. Rongé par la culpabilité, il va se racheter en acceptant d'être immortel et d'aider qui aura besoin en tuant 1000 scélérats qui lèvera la malédiction qui aura pour conséquence de lui accorder la mort. C'est comme cela qu'il va rencontrer Lin, second personnage central qui va l'emmener dans un périple infernal sur fond de vengeance. En fait, c'est comme si on suivait une série à la télé car on a d'un côté Lin avec Manji qui poursuivent le Ittoryu. De l'autre le Ittoryu qui avance pour être la seule école d'escrime (en fait c'est plus profond que ça, mais je n'ai pas envie de gâcher l'histoire). Mais aussi le gouvernement, les espions, les familles, les clans etc qui se croisent ou se regroupent à un moment ou un autre.

L’histoire se déroulent à l’ère Edo, en 1770. Samura prend un soin tout particulier à représenter les bâtiments, les décors, les coutumes, et l’ambiance de cette époque. Ainsi, si vous n'avez pas l'habitude de cette époque, vous apprenez de petites choses comme le fait que dans les relais et auberges, les clients se lavaient dans la même eau de "baignoire" lol. Ou qu'il y avait l'été beaucoup de nuisibles à subir comme les tiques, punaises, poux, ça donne envie!

Si parfois vous avez du mal à reconnaître un protagoniste (ce qui est rare vu le soin apporté) il vous suffit de regarder les vêtements. Les vêtements, kimono ou autres yukata sont très beaux, avec des détails qui vont jusqu'à inclure un signe distinctif pour chaque personnage. Lin ce sont des flammes. Manji la svastika qui n'est pas du tout la croix gammée, mais le symbole de l'éternité qui signifie "le bien".
D'ailleurs, pour éviter les éventuels problèmes, Samura placera à de nombreuses reprises que c'est la svastika! Anotsu a des espèces de "S" enroulé etc il va même jusqu'à élaborer des coiffures. Franchement y'a des scènes où certains combattants sont les uns à côté des autres, style beaux gosses, ont va casser la baraque, les cheveux au vent, ça a tellement de la gueule!
Mugen no Juunin est un seinen adulte de part les thèmes abordés et les scènes qui se déroulent. Quand on jette un œil au travail de Samura sur ces planches érotico-morbides-sadomasochistes on comprend et on reconnait le style inculqué dans le manga. 
ici, le ton est donné dès le début avec le massacre de la famille de Lin (dont le viole de sa mère), les combats sanglants et les mœurs de certains personnages. D'ailleurs on retrouve des procédés de tortures similaires.
Etant donné qu'il s'agit d'une vengeance, il est évident qu'il y aura des combats, du sang. Mais comme les autres groupes sont eux aussi en quête, il y a une grosse dose de violence! Et on remarque très vite que l'un des sujets favoris de Samura sont les sévices faits aux femmes. Ce n'est pas de violence verbale, mais de la violence visuelle et pour cela Samura est très doué.
Ce qui est très intéressant, c'est qu'on suit chaque personnage ou groupe de personnages. Et ce n'est pas qu'une succession de combats car on nous présente vraiment les personnages dans leurs dessins, leur psychologie, leur but, leur naufrage.
Il m'est arrivé à plusieurs reprises, tout comme Lin, de me lier "d'amitié" aux ennemis. Jusqu'à parfois semer la confusion car je ne savais plus qui était ami ou ennemi (Hyiakurin, Anotsu, Magatsu...), alors que certain sont et resteront d'énormes pourritures cosmiques XD (ShiraHabaki Kagimura...). Car en effet, Samura n'hésite pas à faire changer l'états d’esprit de ses personnages et nous aussi on ne sait plus où est le bien ou le mal. C'est cette évolution qui offre toute la profondeur des personnages.
Vous remarquerez qu'il ne sera pas rare que pour faire évoluer tout ses personnages, Samura délaissera Lin et Manji pendant de longues pages. J'avoue qu'au début c'était déroutant, puis on comprend la mécanique. La conséquence sur les personnages c'est que ca leurs donnent un passif, une évolution et une conclusion (certes rapide pour certains, mais il fallait bien que l’histoire s'arrête un jour).
Avant de conclure, j'aimerai revenir sur les thèmes abordés. Outre que l'esprit du guerrier, les personnages réfléchissent à quelle est leur place dans un pays en paix. Evidemment, il y a la vengeance qui amène à réfléchir sur le fait que ça ne ramènera pas les êtres. Et plus encore sur la rédemption.
Vous trouverez beaucoup de politique. La médecine sera aussi habilement abordée via Manji.
Ce qui nous fait venir au sujet fascinant qu'est le thème de l’immortalité et les difficultés que ça implique: la jalousie des autres, l'envie de se battre contre un grand adversaire, la curiosité, l'éternelle vide et errance, avoir un but.

La fin a dû en décevoir plus d'un, mais moi ça n'a pas été le cas. Il ne faut pas avoir fait Bac+4 pour deviner où va en venir la fin. Bien sûr on aimerait que certaines choses se fassent ou se produisent car on a nos personnages préférés, mais ça ne sera pas le cas. Et c'est logique, car L'Habitant de l'infini c'est une fresque de samouraï donc pour autant que je sache par mes lectures et visionnages, les péripéties de samouraï ne finissent pas en Happy End. Le manga fini comme il devait finir.
ATTENTION SPOILER MAINTENANT: Manji ne se mettra pas avec Lin, c'est un solitaire qui vit pour le combat et la levée de sa malédiction. Lin aime Manji, mais sa voix n'est pas celle qu'emprunte Manji. On sait qu'elle a vécu et a certainement eu des enfants vu que c'était son souhait formulé auprès de Hyiakurin. L'ironie, c'est qu'elle elle se sera probablement rappeler toute sa vie de son garde du corps, mais Manji lui l'a oublié!
La hantise d'Anotsu était qu'on se rappelle de lui et du Ittoryu, mais au final les armes symboles de cette époque sont révolues. Les descendants de guerriers ou de saumurai ne sont plus que des nobles, c'est ce dont ils craignaient. Même Manji avait oublié le nom d'Anotsu...une très grande symbolique l'air de rien.

Ne manquez pas mes 2 autres parties qui traiteront l'un sur le film et l'autre sur l'anime. A bientôt.
MA NOTE: 18/20
© Ce n'est que mon avis et opinion, ma façon d'interpréter les choses parmi tant d'autres. Libre à chacun d'être d'accord ou pas,
mais on n'impose pas son point de vue aux autres. Donc modérez vos paroles et respectez ce blog et les gens. Merci.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire