A SHORT STORY
√ 🎮 Version jouée : Normale, Switch
√ 📆 Date de sortie : 27 avril 2022
√ 🔍 Genre : Aventure
√ 💼 Editeur : Adam Sklar, EastAsiaSoft, Watchmaker
√ 💡 Développeur : EastAsiaSoft, Watchmaker
√ 👪 Classification : 18+
√ 👀 Mode(s) : Jouable en solo
√ 🔊 Langue : Textes FR
√ 📋 Testé et écrit par : Jambonneau
√ 💖 Partenariat : Eastasiasoft
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🅰ujourd’hui, nous partons à la découverte du jeu indépendant SORROWVIRUS: A Faceless Short Stroy, développé par EastAsiaSoft et Watchmaker qui est sorti en février 2019 sur PC. Le portage Switch, sur lequel j’ai testé le jeu, date quant à lui de cette année.
Amateurs(trices) de walking simulator narratifs à l’histoire un peu complexe, horrifique et tortueuse, vous allez être servi(e)s! D’ailleurs, par certains aspects, le jeu évoque vaguement
The Suicide of Rachel Foster (lien ici), que nous avions pu tester il y a quelques temps. Le titre est en VO, mais une traduction française bienvenue est proposée dans les sous-titres. Il faut tout de même préciser que celle-ci aurait pu être plus qualitative au niveau de certaines tournures de phrases, mais surtout de la grammaire voire de l’orthographe:
il n’est ainsi pas rare de croiser des fautes assez fréquemment. Ceci étant dit, place à l’histoire!
Après une courte cinématique d’introduction, notre personnage (que nous contrôlons à la première personne), se réveille dans ce qui semble être une chambre d’hôpital, ou du moins un lit médicalisé: à nous de découvrir notre identité et notre histoire, au travers de notes orales (dictaphones, radios) ou écrites (dossiers, écritures sur les murs) dispersées un peu partout dans les différentes pièces que nous aurons à parcourir. Nous ne serons jamais vraiment seul dans les différents espaces: en effet, des poupées éparpillées çà et là semblent hanter les lieux, et jouent d’ailleurs un rôle très particulier pour Wyatt Heyll, notre personnage (mais nous n’en dirons pas plus!). L’ambiance, malsaine d’emblée, nous plonge efficacement dans l’histoire.
Au niveau des contrôles, c’est enfantin: il suffit de déplacer le stick de droite pour avancer, et celui de gauche pour orienter la caméra. Nous aurons également la possibilité de nous accroupir avec l’une des gâchettes arrière, et de courir avec l’autre. Enfin, la touche Y nous servira à saisir les différents objets et les notes. Une dernière touche nous donnera accès à notre inventaire mais ne sera que très peu utile dans l’aventure, nous y reviendrons.
Très vite, nous comprenons que nous incarnons Wyatt, un jeune adolescent atteint de plusieurs maladies qui a été infecté intentionnellement par ses parents avec le Sorrowvirus, le condamnant à ne jamais réellement mourir de ces cancers mais à renaître indéfiniment dans le Purgatoire pour y revivre certains instants de sa vie encore et encore: une souffrance éternelle. Notre but sera de briser cette spirale infernale en aidant Wyatt à s’échapper de cet endroit faisant froid dans le dos et de lui offrir, enfin, une vie paisible. Cela ne sera pas de tout repos!
Car oui, le jeu se joue en plusieurs "sessions", chacune pouvant être terminée en moins d’une heure: il s’agit en effet de revivre les mêmes moments, dans les mêmes lieux, même si des modifications apparaîtront au fur et à mesure des parties, que cela soit dans les décors de plus en plus angoissants, les notes, les possibilités de visiter des pièces inaccessibles au cours de la session d’avant. Le jeu fait la part belle à la narration et à l’exploration, et saupoudre le tout d’énigmes qui ne sont en fait qu’un moyen artificiel de rallonger la durée de vie du titre, et qui sont globalement bien trop faciles pour être intéressantes, voire fastidieuses, notamment au niveau de la recherche (évidemment randomisée) d’un certain nombre d’objets. Ces quêtes sont rendues encore plus frustrantes par la faible luminosité du titre (nous vous conseillons de la pousser assez haut), nous avons parfois dû coller le nez à l’écran où l’orienter dans tous les sens pour trouver les items demandés!
L’ambiance du titre, malgré des graphismes datés, est un point fort, que cela soit au niveau du sound design (râles dans notre dos, bruits de pas de poupées qui courent autour de nous et qu’on ne voit parfois pas, screamer auditifs accompagnant les screamer visuels…) ou des décors: poupées dispersées sur les étagères, matériel médical, couloirs sombres et remplis au fur et à mesure des parties de monstruosités appelées
Anomalies… La musique, malheureusement unique et donc répétitive, accompagne le tout de manière assez efficace, bien que s’arrêtant parfois plusieurs minutes sans raison particulière avant de reprendre sa litanie: un moyen de nous plonger toujours plus dans la folie, à l’instar de notre héros? Eh oui,
il nous faudra faire attention à l’état mental de Wyatt, qui se dégrade au fur et à mesure que nous recommençons de nouvelles boucles temporelles, de même que les décors prenant une allure de plus en plus horrifique. Nous apprendrons également très tôt que dans
Purgatoire, nous pouvons vite perdre la notion du temps, ce qui accentue là encore notre folie. Pour contrer cela,
il nous faudra trouver et toucher des horloges croisées à intervalle régulier, nous obligeant parfois à accomplir nos différents objectifs avec célérité: un autre moyen de faire monter la tension déjà présente dans le jeu. Nous aurons aussi la possibilité de trouver une montre nous permettant de ne pas nous soucier du temps, ce qui est très appréciable! Celle-ci se placera directement dans notre inventaire, dont l’interface peu lisible ne nous incitera pas à le consulter très souvent, d’autant que nous n’avons pas tant d’objets que ça à notre disposition, hors des quêtes.
Le jeu nous offre quatre fins différentes, mais, pour ma part, je n’ai jamais réussi à en débloquer une autre que la première, et ce même au bout de trois run (dont deux réalisées en duo avec
Camille). Au moment où j’écris ce test, je ne sais pas si je me lancerai dans une quatrième session, car il faut avouer que le jeu devient répétitif si l’on ne parvient pas à débloquer de nouveaux éléments, comme cela a été notre cas.
Certes, l’environnement évolue et l’histoire s’étoffe, mais il reste parfois difficile d’assembler les pièces du puzzle, de comprendre les différents liens unissant la pléthore de personnages cités, et surtout d’y voir clair dans la chronologie, les noms de lieu, et finalement l’histoire elle-même. Ainsi, une sensation de frustration peut parfois se faire sentir, augmentée par l’absence d’un vrai système de sauvegarde: en cas de mort, nous reviendrons certes à la dernière horloge visitée, mais stopper le jeu en cours d’instance semble délicat. Une manière sans doute d’immerger encore plus le joueur et de tout faire pour que Wyatt trouve au plus vite la sortie de
Purgatoire… par n’importe quel moyen.
Au final, le jeu exploite donc un concept original et qui fonctionnera sans aucun doute pour certaines personnes, mais d’autres, comme moi, abandonneront peut-être avec la sensation de ne pas avoir réellement complété toute l’histoire, dont l’intensité et la complexité sont néanmoins à saluer: l’univers créé est riche, cohérent, malaisant. Certes, il n'y a pas de points de sauvegarde, cependant, le jeu se souviendra du nombre de fois que vous l'avez terminé; faisant changer le dialogue, les environnements et la difficulté du jeu pendant que vous découvrez les autres fins. Bref, une vraie patte pour un jeu qui fera malgré tout passer un bon moment.
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