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mardi 31 janvier 2023

[LECTURE] AVIS LE BUREAU DES CHATS

Avis sur le livre Le Bureau des Chats
🅻e petit livre LE BUREAU DES CHATS est un recueil de cinq contes écrits par Kenji Miyazawa entre 1918 et 1920. J'ai acheté ce livre au hasard, l'estampe de chat et le titre m'avaient attiré. Pourtant, le titre est un choix trompeur, car il y a dans ce livre qu'un seul conte sur des chats. Miyazawa choisit les animaux pour donner vie à ses personnages, tous sont évidemment issus de la culture japonaise, ce qui a pour effet de nous dépayser, il faut dire que nous occidentaux, n'avons pas l'habitude de voir en action dans des contes des araignées, des limaces, des vignes...

Vous l'aurez compris, Miyazawa rend vivant la faune et la flore de ses écrits pour distiller des thèmes chers à son cœur tels que le problème du bien et du mal, la discrimination, l'art et la religion. Il faut dire que monsieur Miyazawa est issu d'une famille de fervents bouddhistes. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à des contes aussi "tristes", car il faut le dire, certains personnages se font vraiment mal traités et je ne pouvais pas m'empêcher de penser à des faits d'actualités négatifs. Voilà, même si c'est beau avec la montée dans le ciel, les étoiles, la persévérance, etc... on ne peut qu'être affecté par le sort des personnages.

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Karma Shachou: Le Blog Geek


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dimanche 5 juillet 2020

[LECTURE] LE REVE DE RYOSUKE

Le rêve de Ryosuke de Durian Sukegawa
🅻'été et là ! Certain d'entre vous auront la chance de partir en vacances, se prélasser sur les bords de mer ou à la montagne, les doigt de pieds en éventail à profiter de la nature comme le plus gros des pacha tandis que d'autres non... pas de voyages, on reste à la maison. Mais ne vous inquiétez pas j'ai la solution. Moi quand l'été est là et que je n'ai pas de périples de prévu, j'aime faire voyager mon esprit en me plongeant dans un roman qui hume bon le voyage, une ode à la nature, un hommage bucolique (bref, on veut que ça sente la prairie et la bouse de vache ! Vindiou !).

C'est pour cela que je vous propose Le rêve de Ryôsuke écrit par Durian Sukegawa. Son nom ne vous dit surement rien, mais peut être connaissez vous l'adaptation au cinéma de son plus gros succès littéraire: Les délices de Tokyo qui conte l'histoire de Sentaro, un pâtissier triste, qui reprend peu à peu gout à la vie et à sa profession après avoir fait la rencontre de Tokue une mamie des plus attendrissante.
Le rêve de Ryosuke, sorti en 2017, est le deuxième roman de l'auteur à avoir été traduit chez nous. Il évoque des thèmes similaires à son précédant roman, comme la gastronomie, mais ici, on laisse tomber la pâtisserie pour s'atteler à la fabrication de délicieux fromages de chèvres ! Hein  ? quoi .. !! Bref, attachez vos ceinture, paré au décollage ! Direction la petite île d'Aburi !

Ryosuke est un jeune homme de 28 ans, cuisinier de formation, il est spécialisé dans la gastronomie occidentale. Problème, notre héro souffre de troubles dépressifs et à un fort penchant suicidaire. Il tente tant bien que mal de trouver sa place sur terre, de reprendre gout à la vie. Un beau jour, il décide de s'engager dans un petit boulot de terrassement à l'autre bout du Japon, dans la minuscule île d'Aburi. Embarqué sur le ferry à destination de la petite ile, Ryôsuke fait la connaissance de Kaoru et Tachikawa, ses deux futurs collègues. C'est ainsi que démarre la nouvelle vie insulaire de nos trois compères.
Les débuts sur l’île ne sont pas une partie de plaisir, le boulot est éprouvant, il y a aussi la difficulté à s’intégrer aux habitants qui voient d'un mauvais œil ces "nouveaux venus de la ville". Mais rien n'y fait, notre héro tient bon, et une fois le contrat de travail terminé, il décide de rester sur l'île. Ryôsuke avait une idée derrière la tête, retrouver un certain M.Ashi, un ancien ami de son père défunt, dans le but de mener à bien un projet que son paternel n'avait pas pu voir se concrétiser: fabriquer du fromage de chèvre !
M.ashi et Ryôsuke unissent leurs connaissance culinaires, mais se lancer dans la fabrication d'un tel mets n'ai pas chose facile, aux problèmes de technique se heurtent des problèmes d'ordre culturel avec des habitants réticents à voir une nouvelle spécialité débarquer sur leur île (spécialité Française qui plus est). Ryosuke parviendra t-il à mener à bien son projet ? Trouvera t-il les réponses à ses questions ? Réussira t-il à sortir de son mal-être existentiel ?

Pourquoi vous conseiller cette lecture ? Parce qu’il s'agit d'un roman initiatique auquel chacun peut trouver écho. Même si nous ne vivons pas tous avec des penchants suicidaire comme notre héro, la question du retour aux sources dans un monde de plus en plus incohérent, sonne vraiment bien avec notre actualité: une vie ou l'on ne prend plus le temps de rien, ou tout va trop vite, la course au profit, les crises sanitaires, le dérèglement climatique... etc. Qui n'a jamais eu ce coup de blues face à l'état actuel de notre monde ? Qui n'a jamais eu ce désire de décroissance ? De reprendre le temps et re-communier avec la nature.
C'est l'idée principale que développe ce roman: une ode à la nature. Les descriptions sont d'une grande clartés, on se plonge très facilement dans l'environnement de Ryôsuke, les montagnes qu'il gravit, les baignades dans les eaux cristallines de l’océan. Un point que j'ai apprécié, c'est le choc de mode de vie vécu par les trois personnages principaux, le passage non sans mal, de la vie citadine bruyante et rythmé, à la vie insulaire sobre et calme. L'auteur semble nous dire que peu importe d'ou vous venez et qui vous êtes, il est possible de changer de vie. De réapprendre à prendre notre temps.

La mise en avant de l'artisanat est également un point fort du livre. On reconnait ici l'ancien cursus de cuisinier de l'auteur qui, à l'instar Des délices de Tokyo, nous développe avec précision et technicité les processus d'un art culinaire bien particulier, ici le fromage de chèvre. Alors oui, comme moi, j'imagine que la majorité des personnes qui liront ce livre ne sont pas des maîtres fromager et que la fermentation lactique n'est pas votre passion. Mais, lire les conversations entre Ashi et Ryôsuke sur les technique de fermentation, les taux d'humidité requis, les différents types de moisissures affectant la transformation du lait en fromage...etc toutes ces connaissance et ce respect du savoir faire attiserons sans aucun doute la curiosité du lecteur (ou pas, comme Karma qui n'aime pas le fromage 😂). Autre petite chose qui devrait attiser votre curiosité, notre héro se spécialise dans la confection d'une variété bien précise de chèvre: le brocciu, originaire de Corse. Notre héro étant japonais, il est vraiment intéressant de voir toutes les références faites à notre pays, de voir l’intérêt que suscite notre savoir faire à l’internationale.

En résumé, je vous recommande chaudement la lecture de ce roman, facile à aborder du haut de ses 336 pages, cette histoire vous fera voyager, mettre de coté, le temps d'une lecture, notre société trop pressée pour le calme d'une île desserte, et douceur des chèvres. Un livre idéal pour votre été.

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Roman acheté chez Martelle


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mercredi 3 juin 2020

[LECTURE] LA FILLE DE LA SUPERETTE

La fille de la superette de Sayaka Murata
🆄n quotidien banal, un boulot banal, pas de quoi écrire une biographie me direz-vous ? Voila pourtant Sayaka Murata propulsée sur le devant de la scène littéraire en 2016 lors de la sortie de son livre en parti autobiographique intitulé La fille de la supérette (Konbini, dans sa version originale). D'ailleurs, l'écrivaine s'est vu attribuer le Prix Akutagawa (Prix littéraire le plus prestigieux et le plus médiatisé du Japon qui récompense des nouvelles et des romans courts, d'auteurs débutants).

L'ouvrage est simple en mots, langage, intrigue et  est très abordable financièrement dans la version que je vous présente, donc si vous aimez ce genre de livre n'hésitez pas, c'est 6€90.
Mais de quoi parle ce livre? On suit Keiko Furukura dans son enfance jusqu'à ses 36 ans. Evidemment, vu le nombre de pages, le roman ne s'attarde pas sur tous les moments de sa vie, mais plutôt sur des souvenirs importants qui aident le lecteur à comprendre où veut en venir l'auteur. Cette personne, qui se sent différente, l'est surtout parce que son entourage n'a cessé de lui répéter toute sa vie qu'elle était anormale. Au point, que je la qualifierais de robot, tant elle s'évertue à cacher sa vraie nature et tant le soin à imiter les autres dans leur gestes et leur parlé (mot + intonation) est grand. Même si, moi aussi je la trouve parfois "étrange" dans ses réactions limite morbides, je comprends parfaitement ce qu'elle dénonce. Voici le résumé officiel:
📌Depuis l’enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. À trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n’a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s’inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille.
Le roman est une critique à peine masquée de la société japonaise qui doit se plier aux règles du plus grand nombre alors qu'au final cette manière de vivre ne rend pas forcément heureux les gens. En gros, le livre nous fait comprendre que les hommes doivent avoir un job, trouver une femme, se marier et avoir un travail qui rapporte. Les femmes elles, doivent se dépêcher de trouver un homme, puis faire des enfants. A plusieurs reprises, le roman suggère que plus le temps passe, plus la femme s'enlaidit, et elle n'est plus un bon parti à part pour des moins que rien ou pochtrons... Si la femme a un travail qui rapporte beaucoup, elle est comme exemptée d'avoir un mari et des enfants. Une perspective qui fait froid dans le dos et qui nous est bien décrite. L'entourage familiale, amicale et professionnel de Keiko, ne vont cessés de lui rappeler que quelque chose cloche chez elle vu qu'elle est seule donc sans fiancé/mari, sans enfants, et en plus seulement avec un job.

Ce que j'ai aimé, c'est qu'en occident nous avons les mêmes préjugés sur certains points, je peux vous le dire par expérience (et quelques exemples). Dès que je rencontre des connaissances, des amis, de la famille, que je n'ai pas vu depuis longtemps, j'ai le droit à la même rengaine: "tu n'as personne?" (dans le sens stable), "moi je suis marié(e)" dans le sens "ah..., pas toi.", "tu n'as pas d'enfants? Mais, tu n'en veux pas?" prononcé avec de l'incompréhension, comme si l'accomplissement de la vie c'était de faire des enfants... C'est dingue, après il y en a qui comprennent, je ne les mets pas tous dans le même panier, mais c'est chiant et l'air de rien ces personnes mettent des barrières entre nous, ou une sorte de malaise.
Parfois, j'ai de la chance, je tombe sur des personnes compréhensibles, mais aux pauses, où devant la machine à café, moi j'écoute (tout comme Keiko, qui a un moment de sa vie évité de parler). Parce que ces personnes n'ont pas d'autres sujets de conversations que leurs maisons/foyers, maris/fiancés, enfants... Je ne sais pas, moi j'ai plein de passions qui pour certaines sont gratifiantes (je tiens un blog, j'écris des articles et j'ai des jeux gratuits grâce à cela), des loisirs qui me cultive, qui me font du bien, alors qu'en général ces personnes elles n'en n'ont pas, car leur dévouement va à leur famille. Je trouve ça triste... Enfin, bref, la conclusion de Keiko/Sayaka m'est parlante: il n'y a que nous-mêmes pour savoir ce qui nous convient. Et je rajouterais: être heureux(euse), ce n'est pas que fonder une famille ou gagner plein d'argent! Ça c'était avant, maintenant on peut avoir une vie riche et accomplie de bien des manières différentes.

La fin m'a quelque peu déçue car Sayaka Murata ne nous donne pas assez d'informations et il y a trop de répétitions tout du long du livre. J'ai quand même aimé cette lecture qui m'a rappelé que j'étais bien comme je suis et que ça n'a jamais été mon délire d'être un mouton. Même si les époques changent, les moeurs et les préjugés restent eux bien encrés dans le vieillot du temps de nos arrières grands-parents.

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Bilan du roman La fille de la supérette

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mardi 26 mai 2020

[LECTURE] ET SI LES CHATS DISPARAISSAIENT DU MONDE...

Et si les chats disparaissaient du monde
🅲 'est en me promenant dans le rayons des auteurs japonais de la librairie de ma ville que, je suis tombé sur cette curiosité signée Genki KawamuraEt si les chats disparaissaient du monde... drôle de questionnement pour un titre de roman qui a piqué ma curiosité, ce qui m'incita à l'acheter et entamer sa lecture.

Le contenu du livre, vous le verrez, n'en est pas moins loufoque: nôtre narrateur, âgé de la trentaine, vit sa vie des plus banale lorsque son médecin lui diagnostique un cancer en phase terminale: il ne lui reste que quelques mois à vivre. Et c'est un soir, à l'entrée de chez lui, après s'être relevé d'un malaise, que ce dernier fait la connaissance du Diable en personne! Effrayant me diriez-vous? Que nenni: short, claquette, chemise de plage. Notre diable a plus le swag d'un touriste allemand à Arcachon qu'à un habitant des enfers.
Plaît-il, ce look ne l'empêche pas de travailler et propose à notre "héro" un marché: Il devra effacer chaque jour une chose de la surface de la Terre afin d'obtenir 24h de vie supplémentaire.

Je recommande chaudement ce livre, premièrement pour son accessibilité: il est très court (environ 160 pages, en format de poche). Le ton employé par le narrateur est simple, il utilise un langage courant, facile à appréhender et dont on suit facilement le récit. Mais je le recommande surtout pour son contenu. Sans vous dévoiler l'intrigue, malgré sa petite taille, le roman regorge de profondeur, nous faisant passer du rire aux larmes, de la mignonnerie à la réflexion et ce sûr un ton très épuré.
Le roman ce sert de procédés surnaturels (le diable, son pouvoir de faire disparaître les choses etc..), afin de poser sur le papier des questionnements existentiels pertinents, tout en gardant un réalisme touchant, pour nous permettre de ressentir pleinement les péripéties du narrateur. Quelques exemples:
Vivrons-nous mieux sans certaines technologie? Nous aliènent-elles?
Quels sont les critères d'une vie réussie ?
Le caractère éphémère de la vie.
Les souvenirs de nos proches.
L'importance de la famille.
Autant de questionnements auquel on aimerait trouver des réponses.

Pour résumer globalement le roman, je dirai que celui-ci ne comporte que des éléments essentiels, mais efficaces: le cadre spatio-temporel est réduit car l'histoire se déroule simplement sur une semaine et les lieux de l'action sont limités au logement du narrateur et ses alentours.
On y croise également peu de personnages, mais ces derniers sont tous importants et nous renseignent d'avantage sur la psychologie de notre héro.

Bref, je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher l'histoire: des chats, un diable et notre héro qui pactise avec lui. Voilà qui devrait égayer votre curiosité !

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Bilan roman Et si les chats disparaissaient du monde


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