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lundi 13 juin 2022

[JEUX VIDEO] TEST SILT

SILT
SILT sur switch
SILT
√ 🎮 Version jouée : Normale, Switch
√ 📆 Date de sortie : 01 juin 2022
√ 🔍 Genre : Aventure, Exploration
√ 💼 Editeur : Fireshine Games
√ 💡 Développeur : Spiral Circus Games
√ 👪 Classification : 3+
√ 👀 Mode(s) : Jouable en solo
√ 🔊 Langue : Textes FR
√ 📋 Testé et écrit par : Jambonneau
√ 💖 Partenariat : Just for Games

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🅰ujourd'hui, nous embarquons pour une étrange et fascinante aventure d'exploration sous-marine: enfilez vos masques, tubas et palmes, et nous voilà déjà dans les profondeurs aquatiques de SILT! On doit ce titre au studio indépendant anglais Spiral Circus qui a pour objectif de donner vie à l'art surréaliste dans les jeux.

Notre périple démarre sans explications ni cinématique sous la forme d'un tutoriel caché: en effet, le plongeur que nous incarnons s'éveille attaché au pied par une corde l'empêchant de se déplacer, il nous faudra alors sans plus attendre comprendre et utiliser la mécanique phare du jeu, la possession, pour nous libérer. Car oui, SILT permet à notre personnage de se glisser dans la peau d'êtres vivants ou, plus rarement, d'objets inanimés, afin d'utiliser leurs compétences à bon escient pour se tirer d'un mauvais pas ou tout simplement progresser dans l'aventure, mais nous y reviendrons.

Visuellement, le jeu (dessiné à la main) est une petite pépite
. Le côté noir et blanc ne manquera pas d'évoquer Limbo et Inside, j'y ai quant à moi décelé une petite touche d'Hollow Night dans certains décors, qui m'ont parfois laissée bouche bée, ainsi que dans l'aspect assez sombre du jeu (le côté sous-marin entraînera sûrement une petite pensée pour Abzù, mais la comparaison s'arrêtera là!). Les animations sont fluides (seule petite ombre au tableau: le personnage est parfois lent, même en utilisant le bouton d'accélération, mais pas assez pour que cela gâche l'expérience), le sound design est réussi. Côté musique, je reste un peu sur ma faim, mais je pense comprendre le parti pris des développeurs de garder une ambiance sonore assez épurée pour accentuer le côté anxiogène de l'aventure: la musique apparaît ainsi à certains passages spécifiques pour renforcer une poursuite ou une catastrophe imminente, sinon nous serons accompagné(e)s de bruits de bulles et de fonds-marins, très immersifs.

Le jeu est découpé en quatre chapitres principaux, chaque chapitre étant lui-même composé de plusieurs tableaux (généralement, un écran équivaut à un tableau): il s'agira assez classiquement de comprendre la manière de se rendre d'un point A à un point B sans mourir, chose qui arrivera forcément à un moment ou un autre, sans être une expérience trop punitive (sauf si la résolution de l'énigme se fait en plusieurs étapes et que la mort survient vers la fin, car il faudra alors recommencer le tableau depuis le début). Les fins de chapitres sont marquées par l'apparition d'un boss, il ne s'agira pas vraiment de combat direct pour le vaincre mais plutôt de la compréhension des mécanismes et pattern permettant de se débarrasser de chacune des quatre grosses bestioles.

Et justement, quid des mécaniques du jeu? Comme je le disais, pour progresser vous devrez apprendre à posséder des créatures (ce que j'ai mis quelques minutes à faire car cela n'est pas forcément intuitif dès le début): concrètement, un flot de lumière sort de votre casque et va se nicher dans l'être vivant qui se trouve près de vous, vous pourrez ainsi le contrôler et profiter de ses particularités (trancher des cordes, accélérer, détruire des rochers, etc). Ce gameplay original est une vraie force qui obligera le joueur à réfléchir à différentes successions d'actions à effectuer dans le bon ordre, et à utiliser au mieux les atouts des multiples réceptacles possibles. Il est à noter que vous pourrez transférer votre flux d'une créature à une autre (ou à un objet, reconnaissables car ils sont en surbrillance s'ils sont manipulables) sans repasser par le plongeur, chose qui n'est pas forcément évidente de prime abord. Vous aurez également le choix de stopper les possessions à tout moment pour réintégrer le corps de votre homme grenouille. Outre cette mécanique principale, il est également possible d'allumer et éteindre la lampe de votre casque, très pratique dans les recoins particulièrement sombres. Enfin, un bouton d'accélération est également à votre disposition, et sera d'ailleurs indispensable en cas de poursuite.

Vous serez donc amené(e)s à croiser un large panel de créatures, or, si certaines sont inoffensives voire vous fuiront, d'autres pourront provoquer votre mort si vous les approchez de trop près pour les posséder (lorsque la possession est possible, car cela ne sera pas toujours le cas): il sera parfois nécessaire de vous tenir à distance, voire, en cas de possession, de les manipuler via une autre créature. Certaines pourront être tuées via des mécaniques particulières, pour d'autres il vous faudra seulement compter sur votre adresse pour leur échapper! Le jeu est d'ailleurs déconseillé aux moins de 16 ans et est souvent décrit comme un jeu d'horreur, ce que je n'ai pas vraiment éprouvé: en dehors de certains passages spécifiques, j'ai même pu ressentir un certains apaisement à nager au milieu des créatures (les non-hostiles en tout cas) et des décors somptueux.

A l'instar de certains jeux du genre, la durée de vie est relativement faible: 3h tout au plus. Je ne l'ai pour ma part pas considéré comme un problème, car je pense que les mécaniques auraient fini par se répéter inutilement au delà de ce temps. Cela ne conviendra cependant pas à tout le monde: amateurs et amatrices de longs jeux au scenario développé, passez votre chemin! Car oui, l'histoire que les développeurs nous racontent est assez peu compréhensible, voire inexistante: le jeu est assez linéaire et nous entrevoyons vite ce qu'il attend de nous, mais cela ne nous est jamais réellement expliqué et nous ne comprenons ainsi pas forcément où tout cela nous mène, ni la portée de nos actions. Par exemple, nous rencontrerons de temps en temps ce qui ressemblera à un plongeur fantôme, pris au pied par un lien comme au début de notre aventure, dont nous pourrons aspirer la force vitale, ce qui provoquera sa disparition. Ces plongeurs disséminés dans l'aventure sont-ils des collectibles? Rien ne nous l'indique, nous ne savons d'ailleurs pas combien ils sont au final. Nous donnent-ils des pouvoirs particuliers? A priori non. Nous évoluons donc dans un univers assez obscur, au sens propre comme au figuré. Encore une fois, cela pourrait rebuter certaines personnes, mais d'autres, comme moi, sauront sans doute accrocher à l'expérience proposée et la finir d'une traite avec un sentiment de satisfaction !

Vous l'aurez compris, la magie envoûtante et délicieusement sombre de SILT a opéré sur moi. Est-ce parce que je n'ai jamais exploré Limbo et que SILT ne souffre donc pas de la comparaison? Ou que je suis particulièrement réceptive à ce genre d'expérience? Qu'importe, car je sais que vous aussi, vous pourrez vous laisser charmer par les tribulations de ce petit plongeur attachant, et que vous saurez venir à bout des énigmes proposées par le titre!


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Bilan du jeu SILT

© Ce n'est que mon avis et opinion, ma façon d'interpréter les choses parmi tant d'autres. Libre à chacun d'être d'accord ou pas,
mais on n'impose pas son point de vue aux autres. Donc modérez vos paroles et respectez ce blog et les gens. Merci.
© Ce sont mes propres screenshots, merci de ne pas vous en servir sans mon accord.
© Ce sont mes propres vidéos, merci de ne pas vous en servir sans mon accord.
© Tous droits réservés à Spiral Circus Games, SILT.

vendredi 5 octobre 2018

[JEUX VIDEO] LAYERS OF FEAR

Layers of Fear bannière
Layers of Fear jeu
LAYERS OF FEAR

Date de sortie : 27 Août 2015
Genre : Survival-Horror, Réflexion
Editeur(s) / Développeur(s) : Bloober Team et Aspyr
Classification : +16
Mode(s) : Jouable en solo
Langue : Voix en anglais, textes en français en appuyant sur la touche "Espace"
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Sortie en août 2015, Layers of Fear a été développé par la petite équipe Bloober Team et édité par Aspyr Media. C'est un jeu indépendant qui date certes un peu mais je trouve qu'il reste valable en 2018.

Layers of Fear 1
Je mets le jeu en route, je ne sais pas qui je suis. En tout cas, c'est un homme, car je parle avec une voix masculine. Pendant un très long moment, je ne sais pas qui je suis. Je sais juste que je connais la maison dans laquelle je rentre. On dirige le personnage à la première personne et une fois dans le manoir, on ne le quittera plus. Point d'action, point de combat. Dans Layers of Fear on explore, on collecte et on essai de comprendre.

Le manoir est joli, on découvre une architecture et un décor du XIXe siècle. Ce cadre Victorien offre également de grands chefs-d'oeuvre. Pour moi qui aime l'Art je suis enchantée. Je vais y venir plus en détails après. Le manoir est vide, seul un rat cour, un détail qui a de l'importance. Une fois la clé en poche, on peut franchir la pièce qui était fermée. C'est un atelier. Après avoir tout observé, je me dirige naturellement vers le chevalet. Je retire le drap, la toile blanche n'a qu'un trait grossier de couleur rouge. On apprend que c'est notre maison, notre tableau. Pas n'importe quel tableau, le magnum opus (œuvre de toute une vie ou la plus importante d'un artiste) de notre personnage.

L'Art est donc très présent dans le jeu et vous aurez déjà remarqué quelques tableaux en visitant le manoir. Des tableaux qui pour ma part, sont certes intéressants et "beaux", mais aussi très curieux et lugubres. 
Voici une liste exhaustive de ceux que vous pouvez rencontrer: Le Cauchemar de Johann Heinrich Füssli. Le portrait d'Antonietta Gonsalvus par Lavinia Fontana qu'on verra souvent. Le Sabbat des sorcières et Saturne dévorant un de ses fils de Francisco de Goya. Past and Present, No. 1 de Augustus Leopold Egg qui m'a choqué vu le rapprochement que je ne pouvais pas m’empêcher de faire avec nos personnages. L'enlèvement de Ganymède par Rembrandt. L'Homme au turban rouge, tableau de Georg Christof Grooth et Jan van Eyck. L'Abbaye dans une forêt de chênes, de Caspar David Friedrich. 
Je ne pense pas que le choix des œuvres par le studio étaient anodines, car personnellement je vois bien les rapprochements moraux et les états psychiques avec les personnages qui ont voulu être fait.
Layers of Fear 2
Le Cauchemar à gauche - L'abbaye dans une forêt de chênes à droite
Layers of Fear 3
Saturne dévorant un de ses fils - Le portrait d'Antonietta Gonsalvus - L'enlèvement de Ganymède
Layers of Fear 4
Past and Present, No. 1 décrit le moment où le bonheur domestique de la famille est brisé, pas anodin comme choix
En fait, on comprend bien après que le peintre veuf a kidnappé sa petite fille car il se sentait seul après la mort de sa femme, il n'avait pas d'autre famille. Il a évidemment été arrêté et son entrée dans la maison coïnciderait avec sa libération suite à son arrestation. Est-ce à partir de là qu'il réalise ce qu'il a fait, son attitude, sa chute? En tout cas, il fait le point avec nous et entreprend son magnum opus. Dès la première couche, on rentre au plus profond de son esprit tourmenté! On vit ses hallucinations avec lui. Le jeu commence vraiment.

Layers of Fear 5
[Gros Spoiler à partir d'ici, car le scénario est très important] On découvre un homme, un jeune peintre ambitieux qui utilisait sa femme pianiste comme modèle vivant pour sa peinture. Ils s'aiment. On le sait grâce aux lettres, aux coupures de presse et aux photographies parsemées dans tout le manoir. Elle fait carrière dans la musique. Elle tombe enceinte d'une adorable petite fille. Après l'accouchement de sa femme, il décide de consacrer plus de temps à ses peintures. C'est à partir de ce moment précis que pour moi tout bascule dans la vie de ce couple que l'on suit et que l'on va suivre.

A partir du moment où on sortira de l'atelier, la folie du peintre se traduira dans la construction de la maison. En effet, la maison devient ultra lugubre, on avance dans une pénombre, on peut allumer les lampes mais ça ne me rassurais pas pour autant. Quand on passe par une porte par laquelle on était déjà passé, ce n'est plus la même pièce devant nous. Ou la porte disparaît. C'est un labyrinthe architectural représentatif du labyrinthe du cortex de ce peintre fou! J'ai beaucoup aimé ce procédé.

Il devient obsédé par son travail à quoi s'ajoute le manque d'inspiration. Du coup, la femme se retrouve à élever seule leur enfant. Pour nous montrer l'abandon de l'enfant, le studio utilise les jouets, plus précisément les poupées. Choix judicieux car qui ne trouve pas les poupées et les cris d'enfants flippants? On notera d'ailleurs l'ambiance sonore extrêmement bien réussie ce qui contribue au plaisir de jouer.

Layers of Fear 6On continue. Il stress, il boit, tout le dérange. On retrouvera souvent lors de l'exploration des cadavres de bouteilles. Il tue le chien parce que selon lui il faisait trop de bruit. On sent que la psychose arrive. Surtout quand il est persuadé que des rats envahissent la maison. C'est d'ailleurs plutôt rigolo car cet envahisseur qualifié par lui de "monstrueux", nous montrera parfois gentiment le chemin.
Son état empire, il devient schizophrène. Le jeu nous fait bien ressentir tant par écrit que par les visions de l'homme, l’oppression et l'environnement malsain qui régnait dans la famille. Les tableaux changent en "mal", une matière noire envahie la maison. Le beau devient laid. Il y a des pleures, des cris, à la place des rires et de la musique.
En plus de la détérioration de son talent, il change de vision artistique. Sa peinture est devenue dérangeante, grotesque, gore, on le voit notamment dans son travail d'illustrations pour le Petit Chaperon Rouge. Il est agressif envers ses proches et les gens avec qui il travaille. Sa femme le quitte et s'en va. Un jour, il reçoit un appel pour le prévenir que le magasin où elle se trouvait à pris feu. Leur enfant s'en est sorti mais sa femme est gravement brûlée et handicapée.

Après cet accident, elle revient vivre avec lui. Evidemment, le comportement du mari n'a pas changé, il est même pire. Elle essai de s'en sortir malgré la total négligence de l'homme. Mais désormais, si autrefois elle était sa muse, maintenant il pense qu'elle manque de "beauté". Cette femme qui a tend subi aurait mérité de l'aide, mais à la place il l'a entraîné en enfer. On comprend qu'elle finisse par se suicider dans la salle de bain. En trouvant des objets lui appartenant dans le manoir, on pourra entendre des témoignages touchants.

Layers of Fear 7
Toute l'exploration du manoir ne sert pas qu'à comprendre le passé de la famille. Il sert à collecter les objets qui serviront au magnum opus du mari. Des objets atroces... En effet, il croit qu'il a besoin de sa femme, des parties de son corps! Nous devons donc trouver six parties pour travailler la peinture: la peau pour la toile, le sang comme pigment, la moelle osseuse comme première couche, les cheveux pour le pinceau, son doigt pour faire des effets et son œil pour avoir un spectateur...
[FIN DU SPOILER]

A la fin, selon les objets collectés, vous obtiendrez une des 3 fins alternatives du jeu. Vous le saurez selon le résultat obtenu sur le tableau: Soit se portrait de la femme, soit le portrait de la femme avec son bébé, ou le portrait du mari. Chacune aura une chute différente avec une incidence plus ou moins grande sur le peintre.
J'étais vraiment prise dans l'ambiance du jeu, les effets sonores et visuels ont eu raison de moi à quelques reprises car j'ai sursauté lol. Moi qui débute dans ce style de jeu, je n'ai pas été déçue.

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Layers of Fear bilan


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